Suivre c’est s’adapter, la clef est de partir du public

Suivre c’est s’adapter !

Jane Bentley à TEDxGlasgow

Voici l’une des meilleures vidéos TEDx que j’ai vues et écoutées depuis longtemps. Elle m’inspire ce billet sous forme d’une petite “master class éclair”. Je relance ainsi en ce début d’année ce blog sur la prise de parole décisive. Je la partage avec vous parce qu’elle intègre plusieurs éléments-clefs d’un excellent TED-talk. Il y a pour cela une autre raison, son sujet Suivre c’est s’adapter, que j’aborderai dans un autre billet.

 

Voici la vidéo :

master class :
  1. Jane envoie immédiatement son accroche : « Personne ne veut plus être un suiveur ! ». Et s’ensuit le rappel des milliards de followers sur les réseaux sociaux. Boom ! A part quelques technophobes, tout le monde est forcément concerné !
  2. Le thème est annoncé de façon « négative ». Cela passe ici très bien car Jane incarne devant nous un personnage souriant et jovial. Pour introduire sa thèse, elle cite un livre de management. Il s’agit de « real leaders don’t follow » de Steve Tobak, les vrais leaders ne suivent pas qu’elle va contredire. Il est tout à fait déconseillé et plutôt rare dans TED/TEDx de partir ainsi sur du négatif. Pourtant, cela fonctionne bien et nous sommes dans l’attente …
  3. 51 sec : Vient ensuite son angle particulier : « en tant que musicienne … ». Puis vient la thèse : comme le musicien qui suit la musique. Cela n’a rien de passif, nous sommes des suiveurs. Suivre c’est s’adapter.
  4. Notez qu’elle est présumée crédible pour faire cette affirmation puisqu’elle est musicienne.
  5. 1 m 30 : et cela va plus loin. Suivent deux histoires dans l’histoire, les deux sont tragiques mais la première est drôle. Attention auto-dérision bien sûr.
  6. 2 m 18 : Cette histoire a une morale qui explicite le thème : « suivre est totalement une question d’adaptabilité aux situations ». A peine plus de 2 minutes se sont pas passées et nous avons déjà la clef. Nous sommes curieux d’avoir la démonstration.
  7. 2 m 30 : Ca va plus loin encore. Suit l’histoire du malade à l’agonie. Il n’a plus que l’ouïe, la musicienne s’adapte en suivant le rythme de sa respiration.
  8. Là intervient un changement de ton qui traduit une scène tragique et émotive. La salle est passée de l’humour à une profonde émotion.
  9. Les différents silences marquent les transitions. La voix de l’oratrice se fait plus grave aux moments critiques. Les gestes deviennent alors authentiquement . Ils décrivent utilement le rythme voulu et évoquer la scène de façon puissante …
  10. 4 m : de nouveau la thèse se répète. Elle devient : “suivre pour s’adapter” et aussi  “se connecter à l’autre même dans des circonstances extrêmes !”
    Rappel des neurones miroirs sous cet angle particulier : nous sommes des suiveurs de naissance !!!
  11. 4m40 : Longue interaction avec la salle pour tester cette théorie en rythme et en musique. S’appuyer sur l’interaction avec la salle est utile mais souvent totalement surfait. Là au contraire, c’est le cœur de l’argumentation. La preuve, c’est le public qui se la donne à lui-même. Il en gardera un souvenir d’autant plus vif qu’il y aura participé physiquement.
  12. Et la conclusion se présente sous la forme d’un roulement improvisé par l’assistance. Parfait.
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  1. Au début malgré son aisance, l’oratrice part un peut trop dans les aigus … Nervosité classique qui s’exprime de cette façon.
  2. Son souci très british de l’autodérision lui en fait faire un peu trop dans le second degré. Par exemple, ironiser sur la séquence « participation time » qu’elle s’apprête à lancer est inutile. Ce qu’elle fait est justifié et bien rendu. Pas besoin d’autodérision.
  3. Enfin, toujours plutôt au début, elle se tord les mains. Ce sont des gestes réflexes parasites qui traduisent sa nervosité. Ses gestes deviennent totalement authentiques et pertinents lorsqu’elle entre dans l’histoire puis lorsqu’elle dirige le public.

Tout ceci d’ailleurs est juste humain et ne déprécie en rien sa performance. Il fallait bien que je trouve quelque chose …

SI VOUS VOULEZ INTÉRESSER VOTRE AUDITOIRE, COMMENCEZ PAR LE SUIVRE

“Suivre c’est s’adapter” s’applique à la prise de parole décisive. Ce talk l’illustre à merveille. La salle s’adapte merveilleusement comme s’adapte l’oratrice également à son public. C’est l’un des conseils les plus précieux que l’on peut donner à l’orateur comme à tout influenceur. Si vous voulez veut conduire votre auditoire ou votre interlocuteur à agir selon vos vues,commencez par le suivre !

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