Comment dans TEDx utiliser une histoire “simple”, ici autour de la Méthode Coué

Ted/tedx utilise beaucoup le “storytelling“. C’est bien connu. On me demande donc souvent s’il y aurait une structure-type pour un TEDxtalk ou pour raconter une histoire qui fonctionne bien dans une présentation.

coue

Je vous propose d’illustrer avec mon propre TEDxtalk du mois de Mai à TEDxMinesNancy traitant de la véritable histoire de la Méthode Coué et de son créateur, Emile Coué, l’une des structures possibles, celle d’une histoire assez simple mais avec une morale qui avait un but précis: introduire une journée très riche.

Car non, il n’y a pas de recette unique, juste des interventions adaptées à leur public et à leur message… ou non.

La structure

Celle-ci est très simple: une introduction, deux parties et une conclusion.

L’introduction propose une accroche délibérément équivoque: “Ça va mieux”. Cette petite phrase me sert d’ailleurs au passage à introduire ce qui me servira de finale de conclusion. “Ça va mieux” fait référence à la petite phrase de Hollande qui est passée en boucle dans les media pour préparer les français à la timide reprise dont il espère qu’elle le portera jusqu’à sa réélection. “Ça va mieux” a pour but de surprendre pour accrocher l’attention du public car dans TED/TEDx, il est contraire aux guidelines de parler de politique. On appelle parfois une telle phrase, destinée à être répétée: une “Power phrase “.

Mais nous nous sortons immédiatement du sujet qui fâche en expliquant que ce n’est pas de cela dont nous allons parler. Et d’évoquer la “Méthode Coué “, cliché journalistique qui vient souvent dans le commentaire, juste après le “Ca va mieux” du Président. Car c’est bien Emile Coué lui-même que nous allons évoquer. Et je viens du même coup d’annoncer mon sujet. Or Coué était un praticien et en cela un innovateur et aussi un influenceur. Et cette phrase-là me permet d’annoncer aussi le plan en deux parties qui va suivre. Le tout forme mon introduction et dure moins de deux minutes.

Coué praticien est la partie chronologique: la plus grande partie de la vie de Coué. Ça peut être long si on le fait par le menu. Je n’en ai retenu que quelques aspects saillants (avec quelques courtes histoires dans l’histoire). Ils illustrent le fait que Coué était un innovateur rigoureux, curieux et pratique: l’apprentissage, la pharmacie, l’utilisation des placébos, la formation à l’hypnose et la genèse de la Méthode avec un exemple en définissant le principe (la planche en hauteur et la ficelle qui sort de ma poche).

Coué Influenceur est la partie qui conduit au fait que tout le monde a entendu parler de la Méthode Coué. On passe ici à une deuxième phase narrative axée sur les 10 dernières années de Coué, celles de son incroyable succès. Là encore, nous progressons chronologiquement: l’installation à Nancy, la guerre, la thèse de Baudouin, le livre, les conférences, le voyage à New York … Cela permet de placer diverses anecdotes et explications.

Mais pourquoi ?

Procéder ainsi permet de créer un climat, de préparer le public, de lui apporter des bribes de savoir, de le faire sourire mais pourquoi ? Évidemment, je l’ai déjà dit dans un autre talk, j’aime bien raconter des histoires. Mais on ne fait pas un talk ou une prise de parole seulement pour son propre plaisir ! On le fait pour le public (ou les publics) et dans un but précis. Or j’explique très tôt dans mon livre,18 minutes pour réussir votre présentation, qu’il peut être judicieux d’annoncer ce but, ce pourquoi, dès l’introduction. Nous sommes inondés de communications sur le quoi ou le comment mais rarement de choses puissantes axées sur le pourquoi. Or là, je temporise, je n’annonce pas vraiment mon “pourquoi”. Je cherche à préparer un effet.

Dans l’introduction, je dis: “je ne sais pas vous, mais moi, il y une chose qui m’agace plus que la répétition de la formule “ça va mieux” et c’est le commentaire des journalistes qui évoquent la “Méthode Coué” …” Cette phrase est une sorte de justification en effet mais elle est insuffisante. Elle est là comme un joker, pour créer une attente, mais pas pour y répondre tout de suite. Ce n’est en effet pas l’énervement qui m’a conduit sur cette scène. On comprend qu’il y a un message derrière et c’est justement ce que l’on découvrira en conclusion sous la forme de la morale de l’histoire, à la manière d’un conte.

La conclusion du talk

Comme l’introduction, la conclusion est une partie cruciale dont il est préférable de mémoriser les éléments clefs et surtout la finale de conclusion comme dans mon exemple ici. Le début de la conclusion reprend les apports de Coué et ses prolongements actuels afin de rendre bien présents les enjeux de ce à quoi il avait véritablement contribué en son temps au delà du cliché qui s’attache à son nom.

La morale consiste tout à la fin à rapprocher les apports innovants du personnage, même oubliés, de ceux d’autres praticiens et d’autres innovateurs dont nous pourrions nous inspirer pour qu’en effet, nous puissions dire “Çà va mieux”. Et en finale, nous retrouvons la “power phrase” qui avait servi d’accroche en introduction: “Ça va mieux”. Le public comprend alors pourquoi on a ranimé les cendres de cet homme quasi-oublié. La boucle est bouclée. La promesse implicite est tenue.

L’utilisation d’une histoire simple

La structure utilisée ici est simple. C’est un storytelling quasiment de bout en bout mais expurgé en fonction du but qui est une morale. Toutes les interventions n’ont pas à être conçues ainsi. Le storytelling quant à lui n’est qu’un outil qui n’a pas, même dans un TEDx, à être la règle, il n’est qu’un outil au service du message et du contexte.

Ce que l’on ne voit pas à la vidéo c’est que ce talk était le premier de la journée. On dit que le premier n’est pas le plus facile. Alors je l’ai conçu comme une introduction pour le public et comme devant le motiver à aller plus loin avec les intervenants qui allaient me suivre et que j’avais contribué à préparer. Je voulais partir d’une proximité.

Le “Ça va mieux” qui permettait d’amener la Méthode Coué était dans toutes les têtes car il s’agissait à ce moment-là de l’un des “éléments de langage” clefs des communicants de l’Élysée. Proximité temporelle.

Ensuite, mon sujet, ce petit homme à barbichette et chapeau melon a son buste dans un jardin public à côté de l’Ecole des Mines et il a vécu à moins d’un kilomètre du campus. Proximité géographique.

Enfin, mon sujet n’était pas la méthode Coué mais les apports des hommes singuliers qui en tous domaines ont changé le monde (slogan de TED) or onze innovateurs allaient me suivre sur la même scène. Proximité géographique et temporelle.

Il m’a semblé alors que raconter une histoire toute simple mais incarnée permettait sans trop d’effort de conduire notre public à petits pas, de surprises en découvertes et avec le sourire vers la rencontre bienveillante des orateurs suivants …

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